Hard skills versus soft skills ? Bienvenue dans l’ère des smooth skills ! Par Guillaume Demuth

Promouvoir les smooth skills, c’est faire l’éloge de l’agilité, compétence si précieuse dans nos environnements professionnels. Comme l’eau qui glisse sur un rocher pour le dépasser. Cet art d’ajuster notre posture et notre communication pour davantage de leadership.

Entrez avec nous dans l’ère des smooth skills !

Hard skills vs soft skills, savoir vs savoir-être, connaissances vs relation ; l’opposition entre des compétences dites « dures » et d’autres dites « douces » est trompeuse parce que comme tout dualisme, elle ne décrit que les extrêmes et laisse sur le côté ce qui fait la réalité quotidienne : l’entre-deux, le pragmatique, l’ajustement.

Chez KS Communication, nous développons au quotidien ce qu’il conviendrait mieux de nommer des smooth skills, c’est-à-dire les capacités à lisser son attitude pour glisser sur les aspérités que nous rencontrons. Cela ne signifie pas devenir consensuel, mais au contraire devenir plus agile que la difficulté. Comme l’eau qui glisse sur un rocher pour le dépasser et le sculpter par la force de la répétition. Alors comment pratiquer concrètement ces smooth skills dans notre communication ?

 

  • Lucidité : ne pas imposer sa vision, sa théorie ou son opinion à ce qui nous fait face. Communiquer ce n’est pas imposer, mais composer ; c’est se servir de ce que l’extérieur nous donne pour agir dans le sens que nous désirons. Il y a donc d’abord à admettre sans se soumettre, prendre ce qui est donné et faire avec, agir sans réagir. Pour ce faire, définissez toujours un objectif adapté à vos communications : qu’est-ce que communiquer doit vous permettre de faire avec la situation qui vous est donnée ? (Plutôt que de m’obséder à savoir quoi obtenir des autres, je me demande comment l’obtenir). Si je suis lucide, alors je suis de plein pied avec la réalité plutôt que plein d’illusions.

 

  • Assertivité : ni forcer sa présence, ni se cacher, mais être au contact. Communiquer c’est entrer dans l’échange et pour cela il faut pouvoir sentir que l’on émet quelque chose et sentir la réaction de l’autre. Il y a donc d’abord à installer une relation au-delà du rapport de force ou des complexes personnels, établir un contact qui permet de découvrir l’autre en situation : comment réagit-il, à ce moment, dans ce cadre ? Concrètement, il faut congruence entre votre regard qui se connecte à l’autre et vous renseigne sur lui, votre posture qui ouvre l’échange et propose une relation, et votre parole qui émet et transmet vos réactions. Si je suis assertif, alors je suis suffisamment au contact pour glisser plutôt que battre.

 

  • Fluidité : ne pas dépendre de sa propre réussite, ne pas espérer l’échec de l’autre, mais exploiter les atouts de la situation. En communication, il n’y a jamais de surprises, il n’y a que des cadeaux qu’il s’agit de comprendre et recevoir. Si la situation est adverse, elle vous offre la voie de la tranquille sagesse ; si elle est complexe, elle vous offre l’opportunité de la sereine efficacité. Avec pragmatisme, en communiquant on agit en se servant des événements de sorte à ce qu’ils nous fassent avancer : un obstacle est un point d’appui, une aide est un élan, une incertitude est une intuition. Dans les faits, c’est en relançant sans cesse le dialogue par les questions et les reformulations, que l’on donne à l’autre le temps court ou long qui lui est nécessaire pour trouver une solution. Si je suis fluide, alors je me sers des imprévus pour atteindre mon but, plutôt que de me laisser surprendre.

 

Evidemment, ces principes ne sont que le début du chemin des smooth skills. Mais ils établissent une manière de faire : AVEC plutôt que CONTRE, traverser plutôt que fracturer ou surmonter, lissé plutôt que dur ou doux. Après tout, ceux qui réussissent à bien communiquer le font parce qu’ils ont su trouver la manière juste dans la situation, et non parce que la situation s’est pliée à leurs conceptions.

Cela pourrait éclairer nos réflexions actuelles sur le leadership. Ce terme, une fois traduit en français, révèle sa richesse que l’anglicisme nous cache. Selon les situations, développer son leadership, c’est savoir mener quand les autres demandent que l’on passe devant, savoir emmener quand les autres demandent d’être impliqués, savoir amener quand les autres demandent d’être attirés. En d’autres termes, les smooth skills apportent au leadership l’art d’ajuster son action pour la rendre efficace. Alors à vous d’apprendre à préférer glisser sur les difficultés, plutôt que de vous armer contre des chimères.

 

Guillaume Demuth

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